Marie Cheval dévoile la stratégie de Carmila et les enjeux majeurs de la FACT
En savoir plusCarmila et Carrefour : Un partenariat réaffirmé et une liquidité accrue
L'actualité financière de ce début juin a été marquée par la cession de 7 % du capital de Carmila par son actionnaire historique, Carrefour. Interrogée sur l'impact de cette opération, Marie Cheval s'est montrée particulièrement rassurante et positive. Loin d'être un désengagement, cette manœuvre permet d'améliorer la liquidité du titre en bourse, un point souvent surveillé par les investisseurs.
"Cela n'a pas d'impact sur la stratégie de Carmila qui ne change absolument pas", a-t-elle affirmé. Carrefour conserve 30 % du capital et reste l'actionnaire de référence. Cette cession, réalisée avec succès et une décote limitée, témoigne selon la dirigeante de l'appétit du marché pour la foncière. Les accords opérationnels entre le géant de la distribution et sa foncière demeurent intacts, garantissant la poursuite de la création de valeur commune.
Intégration de Galimmo et cap sur la « Sustainable Growth »
Au-delà de l'actionnariat, c'est sur le terrain que Carmila accélère. L'intégration de Galimmo, finalisée récemment, représente un levier de croissance majeur. Avec 51 nouveaux sites à gérer, les équipes sont mobilisées pour déployer la plateforme de services de Carmila et extraire de la valeur de ce nouveau patrimoine.
La feuille de route de la foncière reste guidée par son plan stratégique « Building Sustainable Growth ». Marie Cheval a détaillé les trois piliers qui soutiennent cette vision :
La transformation des actifs : Travail sur le mix merchandising et développement de projets agiles.
La rotation d’actifs : Une politique dynamique consistant à céder des actifs matures pour réinvestir dans de nouvelles opportunités.
La responsabilité environnementale : Une trajectoire de décarbonation ambitieuse et une volonté de renforcer la mixité urbaine autour des sites commerciaux.
La FACT en ordre de bataille : « Le commerce, ça se vit »
En sa qualité de Présidente de la FACT, Marie Cheval a profité du SIEC 2025 pour lancer un message fort à toute la profession. Ce salon, qui fête ses 20 ans, se veut le rassemblement de toute l'industrie. Pour marquer le coup, la fédération a dévoilé sa nouvelle campagne de communication intitulée « Le commerce, ça se vit ».
L'objectif est clair : défendre une vision du commerce qui dépasse la simple transaction. Face à la dématérialisation, la FACT valorise le commerce de lieux et de liens. "C'est là où on rencontre le Père Noël, où on fait des rencontres amoureuses", rappelle Marie Cheval avec émotion. Cette campagne vise à rappeler l'ancrage territorial, le lien social et l'importance économique du secteur en matière d'emploi.
Le défi existentiel : l’urgence de l’équité face à l’e-commerce chinois
Le point d'orgue de l'intervention concernait les menaces pesant sur le secteur. Si la simplification administrative et la mensualisation des loyers restent des sujets techniques importants, le véritable danger identifié est l'invasion des plateformes d'e-commerce chinoises (type Shein ou Temu).
Marie Cheval n'a pas mâché ses mots, qualifiant la situation de "risque existentiel". Elle dénonce une absence totale d'équité concurrentielle. "Plus de deux tiers des produits de ces plateformes ne respectent pas les normes européennes", s'indigne-t-elle. Là où un commerçant physique français subirait une fermeture administrative immédiate pour non-respect des normes, ces plateformes opèrent en toute impunité.
Pour la FACT, la priorité absolue est donc politique : obtenir une régulation stricte pour que tous les acteurs, physiques ou digitaux, soient soumis aux mêmes règles du jeu, qu'il s'agisse de sécurité des produits ou de normes environnementales.
Ce qu’il faut retenir
L'intervention de Marie Cheval au SIEC 2025 dessine les contours d'un secteur en pleine mutation. D'un côté, des foncières comme Carmila qui s'adaptent, se consolident et investissent dans la durabilité. De l'autre, une profession qui doit s'unir pour défendre son modèle face à une concurrence internationale jugée déloyale. Le message est passé : l'avenir du commerce physique passera par l'innovation, mais aussi par une bataille réglementaire acharnée.
